Balade matinale

Se balader dans le quartier de la roue, c’est tanguer à travers les états d’âme.

Il y a en ce lieu une énergie particulière, un quelque chose de guai et de triste à la fois, un tout et son contraire. Un quartier au potentiel extraordinaire, intrinsèquement habillé de nobles parures, mais depuis des années laissé en haillon par désintérêt politique. Ce dernier semblant toutefois être réanimé par on ne sait quelle idée tapie derrière la simple bonne volonté…

Détour par l’écluse d’Anderlecht

Historiquement, l’écluse d’Anderlecht ne faisait pas partie du quartier de la Roue (cf document ci-joint). Un autre quartier y était implanté. Seulement, construction du canal oblige, bon nombre des maisons de la zone furent détruites. Il n’est dès lors plus blasphématoire,  du moins dans mon esprit, de rattacher l’écluse au quartier de la Roue. Toutefois, je comprendrais et appuierais sans nul doute la réticence de certains face au raccourci d’appartenance de la dite écluse.

Il y a des lieux où le temps s’arrête, où la fougue des petits grains de sable semble poétiquement freinée par un vent de passage. Debout sur le pont immobile, je regarde l’eau accomplir son rivage. Prisonnière de portes massives, elle offre au bateau un nouveau départ.

Liquide berge, lit de transit des navires éteints, fait des rafiots l’ascension lente. Telle une feuille  tombant de l’arbre, c’est avec grâce que plient les navires, semblant faire révérence aux observateurs, qui, du haut de leur tour vitrée, veillent. Alain dessine moi un éclusier ! Ce matin, j’avais Brel qui m’accompagnait, comme depuis bien des années… Paysage de lenteur, bouleversé par la venue soudaine de ce que je pense être une mésange, le ventre orné de jaune. Qui aussitôt prit son envol alors qu’à allure de caresse,  l’énorme péniche qui me faisant front, chargée de montagnes de gravier, continuait nonchalamment sa descente.

Bacchanale au canal

Le quartier est en pleine mutation, notamment aux abords du canal. Le passage futur du RER engendre des travaux herculéens. Le géant Infrabel se charge de ces derniers. L’idée est la suivante, élargir le pont existant pour rajouter des nouveaux tronçons, capables de supporter la folie des grandeurs de nos nobles seigneurs. Des vagues de terre viennent se jeter, de chaque côté du pont surplombant l’eau.  Tout ce qui se trouve à moins de 20 mètres de celui-ci est rasé, détruit.

La procédure du « dégage, on réquisitionne et on fait des châteaux de sable » est, à l’heure actuelle, en passe de se produire au « coeur » du quartier de la roue. Les habitants de la rue de la tranquillité ainsi que ceux de la rue des plébéiens se retrouveront très prochainement avec la même pyramide au pas de leurs portes. Les maisons de ces rues sont situées en contrebas de la voie ferrée. Une mini forêt assurait la séparation entre les deux parties. Elle ne sera bientôt plus.

M

O

R

       T

A   N   N   O   N   C   E   E

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2 réflexions sur “Balade matinale

  1. D’où vient le nom donné à ce quartier?
     » La roue  »
    C’est un quartier qui me fait beaucoup penser aux corons du nord de la France, quartier ouvrier mais construit à échelle familiale.
    Il reste un côté semi industriel près du canal comme le long de l’Escaut avec ses péniches.
    Sauf qu’on y parle bruxellois et pas chti.

  2. Ces belles images ne seront plus, les arbres ont été coupés cette semaine. Les petits oiseaux dans leurs nid faisaient piu piu…

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