La Roue, quartier des mots

28 Février 2013, devant l’école maternelle de la Roue, commence un bal matinal. Placés en ligne le long du trottoir, dansent les nettoyeurs communaux, faisant virevolter leurs balais entre les parents amenant leurs enfants à l’école. Tout doit être propre ! Le jour est à l’inauguration d’une œuvre artistique sur la Plaine des Loisirs, étendue verdoyante située à dos de l’établissement scolaire. Inauguration, pas seulement ! Car, sans le savoir, les balayeurs, tels des professeurs préparant le terrain des écritures, passent l’éponge à ce qui fera office de tableau noir.

Doucement la piste se vide, laissant place à une autre musique. Dans la froideur matinale, craie à la main, jaillissent silhouettes tout de manteaux vêtus. Et voici que la pierre se couvre de mots, de poésies, de fragments. Qu’une âme vienne à passer et de suite l’invitation lui est lancée : « Aujourd’hui, c’est la roue quartier des mots ! Avez-vous un mot, une poésie à partager ? ».

Entre les « j’ai pas le temps », s’immisce un « croquez la vie ! », un « Hunyon-amour » ou encore une phrase de Jim Morrisson. Les couleurs et les langues se mélangent, offrant aux yeux de passage des lectures en chinois bleu, en arabe jaune ou en espagnol blanc.

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A la Plaine des loisirs, L’œuvre permanente « Trees of Circular Motion » de l’artiste irlandaise Orla Barry s’est dévoilée. Huit arbres en émail incrustés de poèmes de Mimi Khalvati font désormais partie du paysage. A leurs pieds, des écoliers locaux, chasuble jaune affublés, recopient à même le sol des fragments de la poétesse. La foule grandit et bientôt s’invitent musique et soupe. Secondé pour l’occasion par le Collectif citoyen de la Roue, le Passa Porta, Maison Internationale des Littératures à Bruxelles, a minutieusement préparé l’événement. Aux discours politiques s’enchaînent lectures et impressions ; l’inauguration s’achevant par la découpe d’un gâteau à l’effigie de l’œuvre fêtée.

Petit à petit l’endroit se vide. Seule, découvre la Plaine son nouveau visage. Baisers de craie sur joue de pierre mélangent leur sort à l’éphémère.

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Brocante Bizet

La brocante Bizet s’installe Place de la Roue : C’est officiel depuis le dimanche 22 avril, la brocante de la place Bizet déménage à la place de la Roue. En effet, le parking Bizet, autrefois temple des chineurs du dimanche, deviendra bientôt l’emplacement de nouveaux logements sociaux. Sur une décision du bourgmestre, Patrick Lenoir, organisateur de la brocante, s’est vu proposer la Place de la Roue comme nouvel endroit d’accueil.  » Bien sûr, la Place de la Roue offre moins de visibilité à la brocante que le parking Bizet. Nous allons devoir faire plus de publicité. La brocante Bizet a été lancée il y a 6 ans dans l’espoir de faire une brocante différente. Celle-ci se voulant sociale et familiale. Tout le monde est bienvenu, toutes les nationalités. Ici tout le monde s’appelle par son prénom. Je suis fier de l’initiative de la brocante ». Afin de « perturber » au minimum le dimanche matin des habitants de la place, Patrick Lenoir a pris quelques mesures. « La brocante commencera désormais à 7h et non à 6h comme c’était le cas au parking Bizet. Les brocanteurs seront également invités à ne pas laisser leurs voitures en face des maisons des riverains ». Patrick Lenoir entouré des brocanteurs de la Roue On peut espérer que ce déménagement aura des répercussions positives tel un regain de lien social dans le quartier. Les prochains dimanches nous le diront.

Patrick Lenoir entouré des brocanteurs de la Roue

 

La Roue – Mortebeek – Forêt Vert

Comment sont gérées les autres cités-jardins ? Ressemblent-elles à celle de La Roue ? Ont-elles une histoire équivalente ?

Autant de questions abordées lors d’une visite organisée par l’Atelier de Travail Urbain. Direction Mortebeek et Forêt Vert pour un samedi placé sous le signe de la découverte et de l’apprentissage.

 

Samedi 20 Novembre, Place Wauters, 13 heures. Une quinzaine de personnes se sont regroupées, attendant le moment du départ. Habitants de la Roue, échevins, organisateurs, embarquent pour un périple de cinq heures à travers deux cités-jardins bruxelloises.

Dans le mini bus, ça parle, ça questionne à propos de Mortebeek, notre première étape.

« j’ignorais l’existence de Mortebeek, j’ai cherché sur internet pour voir où ça se situait. Je connais la cité-jardin le Floréal à Boisfort mais celle de Forêt, notre deuxième étape, je ne connais pas. »

« Je suis venue par envie de comparaison avec La Roue. Ce quartier a été fortement abandonné. Il y a ici des maisons qui ont des jardins extraordinaires ».

Vers Mortebeek

Quinze minutes de route nous amènent à Mortebeek, également cité-jardins d’Anderlecht. De cet endroit se dégage une impression de soin, d’entretien constant. Les maisons, toutes de beige vêtues, sont impeccablement uniformisées. Les haies sont taillées et les rues propres.

Le groupe déambule jusqu’au chalet de Mortebeek, salle des fêtes où Monsieur Debruyne, gérant de la Coopérative, évoque l’histoire du quartier : « Les cités-jardins ont une histoire extraordinaire. Elles ont été créées par des Coopératives. Je regrette de ne pas avoir été jeune au moment de leur création. Dans son organisation, Mortebeek est différent de La Roue car, ici, les maisons sont, en très grande majorité, habitées par des locataires. Ces derniers payant un loyer à la Coopérative de logement qui gère la cité-jardin ». Et celui-ci de poursuivre avec la projection d’un film anniversaire (90 ans de Mortebeek) retraçant l’histoire du quartier. Le temps passe et déjà le « groupe La Roue » s’apprête à rejoindre sa deuxième étape. Monsieur Debruyne ponctue : « Repassez dans dix ans, ce ne sera plus le même Mortebeek ! La mixité sociale n’est plus. Il faut recréer du lien social ».

Vers Forêt Vert

Retour dans le mini-bus pour notre seconde et dernière étape, la cité-jardins Forêt Vert. Le contact du véhicule à peine enclenché qu’une voix s’empare des oreilles passagères. Cette voix appartient à l’une des actrices principales du comité d’habitants mis en place depuis 1998 dans le quartier forestois. « Il y a quatre ans, quelques voisins de la cité-jardins se sont constitués en association de fait afin de répondre à un appel à projet de l’IBGE (Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement). Suite à notre sélection, nous avons reçu une certaine somme d’argent. Des projets, suivis par une animatrice de l’Institut, ont pu être mis en place. Afin que ceux-ci correspondent aux envies des habitants, nous avons fait un sondage sous forme de toutes boîtes. Une liste de  rêves y étaient indiqués. Les habitants pouvaient cocher les initiatives qui leur semblaient importantes à réaliser… ».

Le groupe « La Roue » débarque. Entrée physique suite au prélude vocal. La voix, bientôt rejointe par trois autres complices, continue à nous guider à travers les rues. Le lieu s’apparente d’avantage à La Roue. Les maisons sont différemment vêtues et l’unité se dégage de manière moins évidente qu’à Mortebeek.

Empruntant un réseau de venelles admirablement entretenu, les visiteurs découvrent une série de projets initiés par le comité de quartier et réalisés avec les habitants. Premièrement, une bute, toute de dalles bordée, servant de nichoirs et de petit observatoire de plantes sauvages. Réalisé avec l’aide d’enfants, cet objet pédagogique sert également de refuge pour les abeilles égarées.

Ensuite, le verger de quartier… « Il répondait à un désir de réinvestir l’espacement. Lors de sa création, la cité-jardins a été conçue avec des arbres fruitiers. La nature en ville ! Nous avons réinvité les arbres fruitiers chez nous. Le bénéfice est direct pour les habitants qui peuvent en quelque sorte manger le quartier ».

Enfin, le potager collectif… « Un rêve de nombreux habitants. C’est un projet qui fait participer des personnes très différentes. Il bénéficie d’un contrôle social car il est situé au centre d’un îlot. A des dates précises, les habitants peuvent venir chercher de la soupe faite avec les légumes du potager de quartier ».

Le soir tombe. Après un dernier échange au quartier général du comité hyperactif forestois, le groupe « La Roue » regagne le mini bus. Déjà les envies émergent, les « et si » commencent à pleuvoir. Les idées viennent fleurir nos têtes et nous précisent à quel point il est riche d’aller voir, percevoir et sentir.

Réactions du groupe La Roue :

La qualité de l’organisation était impeccable ( c’est tellement rare qu’ il faut le signaler )

-Pour Moortebeek, très intéressant mais j’ai trouvé que le dialogue était assez fermé comme la coopérative d’ ailleurs même s’il faut le dire, cette cité est magnifique et d’une propreté exemplaire.

-A forêt, tout autre modèle de cité mais personnellement, au niveau architectural, j’ai trouvé que cette cité ressemblait plus à la nôtre. Le projet des citoyens est superbe.

Cela prouve bien qu’ensemble, il y a possibilité de faire quand même de belles choses.

Sandra

J’ai été très intéressée, j’ai aimé le film projeté que j’ai trouvé émouvant et historiquement très intéressant.  J’ai aimé l’harmonie des couleurs et des formes des maisons et des jardins.  Cela aurait été utile me semble-t-il d’entendre le témoignage d’habitants parlant de leur vécu.  J’espère que cette cité arrivera à sauvegarder une mixité sociale par des initiatives utiles dans ce sens.  Je leur souhaite d’y parvenir.
–  A Forêt, j’ai été très touchée par le dynamisme de tous ces habitants.  J’ai aimé découvrir leurs réalisations (potager, abri pour une flore et les insectes…..) et leur ouverture vers les autres….Le plaisir d’exister et de se sentir utile à l’état pur!!!!! Le quartier est charmant avec ses escaliers et sa verdure (même s’il manque quelques pavés!!!!)

Bref, cela m’a donné envie de regarder encore mieux notre quartier par une belle matinée ensoleillée et de le trouver très joli aussi!!!!! même si tout n’est pas parfait!!!!

Cécile

Plein open air derrière IKEA

Troisième et dernier week-end pour le plein open air. Aujourd’hui, cap sur la rue de Zuen, située derrière AKIE heu IKEA.

Renseignement via le site du NOVA

En Eclaireur

Petite balade sur les lieux la semaine passée avec l’envie de découvrir l’endroit du festival. Pas facile à trouver! Longeant le canal, nous avons d’abord été trop loin, débouchant sur un joli coin « enriviéré », muni d’un pont et d’un barage. L’endroit est en proie aux changements,… de nouvelles barrières rocailleuses venant d’être construites. Voilà que déjà plane un petit air de bouleversement environnemental. Nous faisons marche arrière et à quelques mètres de  là, découvrons une rue fraîchement bitumée. Ca doit être là, mais pas de nom de rue, pas d’indications,… La route descend légèrement puis tourne vers la gauche.

Le long du chemin, des cages à lapins, des cahutes de  fortune encapuchonnées de tôles. Habitées? Je ne sais pas. Au delà du virage, des champs et quelques maisons. Ca doit être là mais pas de quoi installer un cinéma! Ou alors au milieu de la route? Pourquoi pas. De toute manière, l’endroit semble désert. Les maisons ont les yeux voilés par des planches de bois (Ca rappelle le quartier de la Roue…). Seule une chatte enceinte montre le bout de ses tétons. Il ne manque plus que le vent de l’Ouest et le ballot de paille faisant quelques bons devant nous. Et Toots avec son harmonica viendrait nous fredonner « Ne me quitte pas, petit quartier désolé, ils t’ont inventé projets insensés, que je ne comprends pas, inventé le temps des malentendus et du temps perdu à savoir comment oublier ces champs qui faisaient encore l’aspect du bonheur,… »

Fait étrange, les maisons semblent avoir été restaurées il y a peu. Elles ont l’air parfaitement habitables! Alors pourquoi ce murement actif, ce cloisonnement délibéré? Et voici, qu’entre deux de ces censures d’habitation se dresse un champs paraissant avoir été fraîchement tondu. Serait-ce le lieu de la future résistance informative? C’est ce que nous verrons ce soir…

Atelier populaire du 25 mai 2011

Ce mercredi 25 mai 2011 a eu lieu, salle du parc des Colombophiles, un nouvel atelier populaire permettant aux habitants de la roue de discuter des projets d’aménagement du quartier…

Commencement des concertations populaires

Au départ, Béliris propose d’injecter la somme de deux millions et demi d’euros afin de financer la rénovation de quelques zones du quartier de la roue (ex: place ministre Wauters,…). Face à ce don du ciel, la commune lance des ateliers populaires afin que les habitants puissent émettre leurs avis et peut-être influencer les aménagements à venir. Après à peu près deux ans de concertations, tantôt houleuses, tantôt plus réjouissantes, les plans finaux se dévoilent et les travaux pratiques sont en passent de commencer.

Compte rendu du 25 mai

Une trentaine d’habitants concernés par le quartier, quatre ou cinq hommes et femmes politiques et un animateur, voici le cocktail qui s’était donné rendez vous ce mercredi à l’heure du souper. Un peu remuant à certain moment, le mélange a débouché sur des concrétisations annoncées  et sur des rendez-vous à venir.

Uzine vs patch

Premier sujet abordé, l’Uzine et son agora space. Depuis six ans, ce service de prévention installé place ministre Wauters accueille des jeunes du quartier de la roue. « A travers des ateliers photos, des valorisations artistiques, le but est de travailler avec les jeunes, d’écouter ce qu’ils disent » souligne Philippe, animateur. A l’avant de la scène, micro aux lèvres, il présente accompagné de trois jeunes le projet Uzine vs patch. Patch? En réalité il s’agit du surnom du terrain de football/basket situé dans le parc des colombophiles. Cet espace est le lieu de rencontre de nombreux jeunes du quartier. Etant donné son état de dégradation (sols abimés, planches manquantes,…), une demande de réhabilitation est lancée. Réaménagement du terrain, fontaine avec eau fraîche ainsi qu’un luminaire capable d’éclairer les matchs endiablés jusqu’à 22h sonnante sont les revendications formulées par les jeunes de l’Uzine. Le patch cassé, ces derniers ne fréquentent plus le terrain et préfèrent la place Wauters, ceci engendrant des perturbations sonores pour les habitants de la zone. D’après les responsables politiques présents, le dossier réaménagement patch est dors et déjà bloqué et passe devant le conseil communal. Il devrait voir le jour d’ici peu.

Initiative à souligner pour l’Uzine qui nous patch une bonne dose de citoyenneté!

Parc des Colombophiles

Le réaménagement du parc des colombophiles est un casse tête! Avec son air de moitié relooké, il se demande quand aura lieu son dernier coup de peigne. Malheureusement, il va falloir attendre…le terrain vague situé après l’allée de peupliers, qui soit dit en passant offre un petit côté respirant et agréable, a encore de beaux jours devant lui. En réalité, cet espace n’appartient pas à la commune mais au port de Bruxelles. L’implantation d’une ère de jeux est tout de même prévu  à cet endroit. Ce futur eldorado des 6-12 ans aura pour thème l’eau et verra sans doute le jour une fois les violons des différents joueurs accordés.


RER-faune-flore

Dernièrement, une série d’espaces verts (arbres parfois centenaires) se sont faits raser pour cause d’agrandissement des voies du RER. Ce constat a été notamment  relevé par deux habitantes du quartier, allant dans le sens d’une déclaration faite par une représentante politique. A t’on pensé à la biomasse? Va t’on replanter? A ces questions, la commune ne sait que dire. Une étude d’incidence a bien été menée, mettant au jour la faune et la flore présente dans les espaces verts bordant les voies de chemin de fer. Mais cette étude n’a eu que peu de poids face aux agissements d’Infrabel, en charge des travaux du RER. « La décision vient du fédéral, toute la hiérarchie se met en route! » déclare, la mine impuissante, un des responsables techniques communaux. Et à la question de la re-plantation de répondre « Il n’y aura plus d’arbres à hautes tiges mais des talus aménagés« .

Toujours d’après le responsable communal, « Infrabel voulait exproprier sur 20 mètres de chaque côtés de la voie existante. La commune a dit non et a réussi à limiter les dégâts« .

Réaménagement des rues

Sous les yeux des habitants se dévoilent les plans des futurs réaménagements de la place Wauters ainsi que de la rue des droits de l’homme. Ces transformations sont sujettes à vives contestations, notamment à cause des délimitations parkingsQuoi qu’il en soit, ces projets sont à l’enquête publique et ne peuvent plus être modifiés. Le système du woonerf (mise à niveau générale comme à la place de la roue) sera mis en vigueur dans les rue (ex: rue des droits de l’homme) mais ne sera pas appliqué à la place Wauters. Les rues auront des places de parkings alternés avec des bacs fleuris et des arbres. Un avaloir se trouvera au centre de celles-ci. Les habitants demandent la plantation d’arbres non allergisants.

Places de parkings

D’après un habitant, le réaménagement futur des rues laissera orpheline plus d’une voiture de résidant. Selon lui, il manquera des places pour environs 115 voitures. Argument démenti par la commune, dans une présentation chiffre à l’appui au demeurant pas très convaincante... L’avenir nous dira qui a raison. Raison ou tord, soulignons l’intervention de cette  habitante, proposant un passage graduel en douceur vers les nouvelles réglementations bientôt en vigueur.

Apologie de la roue

Pour terminer, l’échevine des travaux publics a souligné la chance des propriétaires de la cité-jardins. En effet, le quartier est en plein essor et  les prix des maisons vont bientôt, selon ses dires, décupler. « Il est clair que nous avons laissé trop faire mais c’est le moment de faire des règles applicables à tous. Aujourd’hui les maisons de la roue se vendent à 8000000 de francs. Imaginez les touristes venant visiter le quartier« ,… A ces dires, un habitant a préféré prendre la porte. Amadouer les gens en parlant d’argent! C’est ridicule, dit-il, nous n’habitons pas dans un musée…

Serais ce l’avenir du quartier…Une vitrine à trois minutes de la gare du midi…affaire à suivre

Maisons murées et parc de la pleine des loisirs

Le sujet des maisons récemment murées par le foyer anderlechtois n’a été relevé qu’en toute fin de réunion. Sans précision aucune, la commune dit s’occuper du problème…

Concernant l’état déplorable de l’espace de jeu pleine des loisirs, les réclamations ont été entendues. Ce thème sera abordé lors d’une prochaine réunion…

Les barbiers de la Roue

Cette fois, ça y est ! Les barbiers ont été lâchés. Munis de leurs rasoirs à chenilles, ils ont tailladé les troncs, au nez et à la barbe des habitants des rues avoisinantes.

Une forte odeur de terre imprègne désormais le paysage de désolation engendré par ce massacre à la tronçonneuse. La tristesse m’envahit au fur et à mesure du constat. Rue de la tranquillité, je longe le parcours grillagé, délimitant l’endroit du déboisage.

APRES                                                                                  AVANT

Une dame croise mon chemin. Elle va voir sa mère. Cette dernière habite le quartier depuis longtemps. Une partie de son jardin a été rachetée (libre choix?) et détruite dans la fougue des travaux du RER. Dans un futur proche, un mur d’on ne sait combien de mètres de haut va venir ponctuer le jardin de quelques habitants écœurés.


Balade matinale

Se balader dans le quartier de la roue, c’est tanguer à travers les états d’âme.

Il y a en ce lieu une énergie particulière, un quelque chose de guai et de triste à la fois, un tout et son contraire. Un quartier au potentiel extraordinaire, intrinsèquement habillé de nobles parures, mais depuis des années laissé en haillon par désintérêt politique. Ce dernier semblant toutefois être réanimé par on ne sait quelle idée tapie derrière la simple bonne volonté…

Détour par l’écluse d’Anderlecht

Historiquement, l’écluse d’Anderlecht ne faisait pas partie du quartier de la Roue (cf document ci-joint). Un autre quartier y était implanté. Seulement, construction du canal oblige, bon nombre des maisons de la zone furent détruites. Il n’est dès lors plus blasphématoire,  du moins dans mon esprit, de rattacher l’écluse au quartier de la Roue. Toutefois, je comprendrais et appuierais sans nul doute la réticence de certains face au raccourci d’appartenance de la dite écluse.

Il y a des lieux où le temps s’arrête, où la fougue des petits grains de sable semble poétiquement freinée par un vent de passage. Debout sur le pont immobile, je regarde l’eau accomplir son rivage. Prisonnière de portes massives, elle offre au bateau un nouveau départ.

Liquide berge, lit de transit des navires éteints, fait des rafiots l’ascension lente. Telle une feuille  tombant de l’arbre, c’est avec grâce que plient les navires, semblant faire révérence aux observateurs, qui, du haut de leur tour vitrée, veillent. Alain dessine moi un éclusier ! Ce matin, j’avais Brel qui m’accompagnait, comme depuis bien des années… Paysage de lenteur, bouleversé par la venue soudaine de ce que je pense être une mésange, le ventre orné de jaune. Qui aussitôt prit son envol alors qu’à allure de caresse,  l’énorme péniche qui me faisant front, chargée de montagnes de gravier, continuait nonchalamment sa descente.

Bacchanale au canal

Le quartier est en pleine mutation, notamment aux abords du canal. Le passage futur du RER engendre des travaux herculéens. Le géant Infrabel se charge de ces derniers. L’idée est la suivante, élargir le pont existant pour rajouter des nouveaux tronçons, capables de supporter la folie des grandeurs de nos nobles seigneurs. Des vagues de terre viennent se jeter, de chaque côté du pont surplombant l’eau.  Tout ce qui se trouve à moins de 20 mètres de celui-ci est rasé, détruit.

La procédure du « dégage, on réquisitionne et on fait des châteaux de sable » est, à l’heure actuelle, en passe de se produire au « coeur » du quartier de la roue. Les habitants de la rue de la tranquillité ainsi que ceux de la rue des plébéiens se retrouveront très prochainement avec la même pyramide au pas de leurs portes. Les maisons de ces rues sont situées en contrebas de la voie ferrée. Une mini forêt assurait la séparation entre les deux parties. Elle ne sera bientôt plus.

M

O

R

       T

A   N   N   O   N   C   E   E